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Sur les traces de Marley

Sur les traces de Marley

Saint Ann, Kingston, le Delaware, Londres, la Bavière… Dans le film Marley, Kevin MacDonald retrace la vie de Robert Nesta Marley aka Bob Marley, yeah man. Il emmène, caméra à l’épaule, le public dans toutes ces contrées. Difficile de parler d’un documentaire sans en dévoiler le contenu, mais on va tâcher d’en dire le minimum. On y découvre comment et avec qui le petit Robbie commence la musique. Le cinéaste fait un retour sur toute la carrière du musicien mais l’intérêt principal du film n’est pas là, seen* ! Il suffit de s’intéresser un peu à l’artiste pour connaître les grands traits de sa vie d’artiste. La plus value du documentaire réside dans l’univers privé et spirituel dans lequel a évolué le maître incontesté du Reggae.

D’abord il y a le Rastafarisme. La religion de Bobby est intimement liée à la musique qu’il joue. On apprend comment il découvre et épouse cette voie. De son maître spirituel au culte qu’il voue à Halié Selassié (ancien Empereur éthiopien et figure divine pour les Rastas), en passant par la fumette omniprésente, le réalisateur éclaire le spectateur sur de nombreux a priori dont est victime cette philosophie. Le mystique a guidé chacun de ses choix qu’ils soient sportifs, capillaires ou musicaux. MacDonald (auteur notamment du « Dernier Roi d’Écosse ») est parti à la rencontre de ceux qui l’ont côtoyé : sa mère, sa femme Rita, son avocate, ses maîtresses, les Wailers (son groupe), ses enfants, sa demi-soeur, son cousin blanc… Dans la mémoire collective, il reste un des pionniers du Reggae, mais le film rappelle la complexité de sa personnalité. Métis dans la communauté noire, fils d’un père plutôt absent, venant de la campagne de St Ann puis vivant à Trench Town (le ghetto de Kingston). À travers des interviews vidéos et radios, on découvre les témoignages du concerné, ainsi que ceux de ses proches. C’est grâce à eux que, par exemple, on perçoit d’un oeil nouveau les deux événements tragiques de sa vie (et non, il faut aller voir le film pour savoir de quoi il s’agit). Nous sommes nombreux à avoir vu des documentaires sur la vie de la star disparue, mais, celui-là, est vraisemblablement ce qui s’est vu de plus esthétique et documenté.

Les images de Kevin MacDonald sont étonnantes et soignées, mais c’est la bande son qui révèle le plus de pépites. Tout au long du film, on prend dans les oreilles les tubes du dready* le plus célèbre du monde, et le plus souvent ce sont des versions inconnues : des sessions studio confidentielles, des maquettes originales… Un délice !

 

En revanche, lorsqu’est abordé son engagement politique pour la paix dans le conflit opposant les militants du JLP (Jamaïcan Labour Party) et ceux du PNP (People’s National Party), quelques doutes commencent à poindre. Le documentaire dresse le portrait d’un Bob Marley héroïque en tout point. Son infidélité, son ambition et la dureté dont il fait preuve envers ses enfants sont justifiées et aucune ombre notable ne ternit vraiment le tableau. C’est suspect. Le fait que la famille soit fortement impliquée dans le projet et que le fils de Bob, Ziggy Marley, en soit le producteur exécutif, sont peut-être les éléments qui expliqueraient cet hommage manichéen, mais Jah* seul le sait !

Dans le rayon des points noirs, seuls la longueur, peut-être trop importante et le rythme, trop constant, sont à ajouter. Malgré tout, il reste que le film deviendra probablement une référence parmi la pléiade de projets dédiés à Bob Marley.

*CONSEIL

Avant d’aller voir le film, jeter un coup d’oeil à ce lexique et vous serez armés pour saisir les subtilités de la langue de cette île des Caraïbes.

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